©Gilles Mazzufferi

NOTE D'INTENTION

Sur la banquette arrière de la voiture de mes parents, pendant que le paysage défilait... monotone ; une question revenait sans cesse à mon esprit :
«quand je serai mort : est-ce que ce sera pour toujours ?».

Puis, les mots «toujours» et «jamais» roulaient dans ma tête comme deux aimants... Depuis ce jour-là, je décidais de conduire mon vaisseau vers le monde de l’art, pour sans cesse renouveler ou échapper à cette idée de finitude.
Les différents passages ; entre la lumière du studio photographique et l’obscurité du laboratoire, entre l’objet identifié et la matière révélée mais aussi entre la verticalité et l’horizontalité (lors de mes études musicales) : ne seront qu’un da capo sur mes premiers épanchements existentiels de l’enfance.
Ce sera toujours une polarité qui oscille pour se croiser mais qui jamais ne s’opposent véritablement car à mes yeux, le centre est un accord mouvant.

Mes projets témoignent donc de cette altérité, et de fait, les concepts communs :
clairs-obscurs, mouvements-arrêts, microcosme-macrocosme, conscient-inconscient... sont dans mon travail des « images idées » en mouvement l’une vers l’autre qui coordonnent des points de transition.
Ces critères qui ont pour intention d’être perçus esthétiquement sont aussi en mutation comme des matériaux primaires ; ils permutent selon la perspective choisie en images témoins de nos cultures.