©Gilles Mazzufferi

Plastiform 2011-2012

Le conditionnement « plastique / sac plastique » - contenant par excellence de la perte du contenu - est une enveloppe vide où transite tous les stigmates de notre société de consommation. Par analogie, c’est le ventre de notre système économique, symbole de notre société de masse.

Le conditionnement plastique et ses dérivés transportent l’objet de nos instincts les plus grégaires. Des fournisseurs de nos industries où il commence sa vie, aux containers où il finit en sac poubelle... Il est le plus souvent incinéré ou flottant dans les branches d’un arbre comme un étendard déchu : image qui montre bien la fragilité de notre système économique et environnemental.

Son utilisation est éphémère, tout comme se perd le rythme de nos gestes dans la confusion des villes. Il représente la multitude et l’anonymat et devient une singularité une fois bombé et photographié.
Avec comme titre de projet « Plastiform » (qui regroupe plusieurs séries intitulées « PlastiFloor » pour les bâches plastique, « PlastiBed » pour le conditionnement de protection de matelas et « PlastiBag » pour les sacs plastiques) ces enveloppes vides, banales, dénuées d’une quelconque représentation visuelle et idéelle ... ont été conçues pour acheminer un ou des produits de consommation ;
j’ai délibérément choisi de répertorier ces différentes matières « enveloppe » comme si il s’agissait d’un catalogue, ainsi la référence renvoie au produit qu’il achemine ou protége. Un produit est toujours associé à un message, l’annonceur de la marque se réfère et utilise très souvent des ressorts psychologiques ancrés dans l’histoire de nos cultures (mythes) pour attirer l’acheteur potentiel.
Le Packaging qui habille le produit est tout aussi transitoire que nos désirs sont inassouvis et le message disparaît une fois jeté... en attendant le suivant.

Le conditionnement plastique acquiert l’empreinte des contenus émotionnels refoulés, il est comme une psyché qui accumule des fantasmes et garde une trace imprévisible tout comme un ectoplasme éthéré.
Réinvesti, le plastique prend d’autres formes que celles pour lesquelles il fut conçu. Il est transformé en minéral, végétal ou bien en rêve et fantasme. Son détournement en fait un « non-objet pratique » en pleine transformation, pour devenir un support à teneur esthétique.
La matière plastique devient signifiant et glisse vers un bassin sémantique protéiforme. Le plastique évoque alors visuellement un ambigu écho d’une fonction psychique ; il devient signifié d’une équivoque apparence.

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